Coopération sous-régionale

Coopération sous-régionale
Tenu à Douala du 20 au 22 juin dernier, le Programme des réformes économiques et financières de la CEMAC (PREF-CEMAC) explore les pistes qui rendront l’intégration régionale quasi-totale.
Les grandes annonces de la 5e session
Aloys ONANA
A ce qu’il parait, l’intégration sous-régionale a encore du chemin à parcourir. Certains Etats se pressent lentement, tandis que d’autres franchissent des paliers avec plus rapidité. « L’heure communiquée pour la fin des travaux de ce jour (22 juin à 13 heures) ne peut être respectée car il y a des ministres qui doivent d’abord se référer à la hiérarchie de leur pays avant de prendre un engagement. Un reproche qu’on fait constamment au Cameroun, c’est d’avoir signé l’accord de partenariat économique, sans tenir compte des autres pays. Et pour valider une idée, il y a beaucoup de négociations profondes, intenses, on diffère le sujet s’il est complexe. Personne ne veut se sentir roulé », souffle une voix qui a pris part aux travaux à huis clos vendredi dernier à Douala.
Quelques difficultés sont donc encore perceptibles, mais, pas question du statuquo. « Nous sommes là pour régler les problèmes. La France ne s’est pas faite en un jour. Il en est de même pour les pays africains. On ne peut pas par un coup de baguette magique faire en sorte que tout s’améliore d’un seul coup. Il y a un travail profond qui est fait. Faites confiance à vos dirigeants, faites-nous confiance, nous avons pleinement conscience de ces problèmes, nous faisons tout au niveau des Etats pour y remédier », indique Daniel Ona Ondo, président de la Commission de la CEMAC. Pour lui, « La libre circulation est effective. Si vous allez dans les aéroports vous allez trouver des points de passage CEMAC comme lorsque vous allez en France, vous allez trouver des points de passage de l’Union européenne. La libre circulation a été actée par les chefs d’Etat à la conférence de N’Djamena. Donc elle est effective. Il y a eu un petit problème. Nous sommes entrain d’y remédier. Je crois qu’il faut éviter d’invectiver les Etats. »
Les travaux de la cinquième session à Douala ont débouché sur certaines grandes perspectives. « Les travaux ont porté tout d’abord sur la question de la BEAC. L’essentiel à retenir, le message le plus fort est que nos ministres veulent faire de cette institution, une institution aux normes internationales, et une institution qui soit la principale pour le financement du développement. Et il a été rappelé que l’institution respectait les normes en la matière et les procédures, et il a été convenu que l’essentiel sera fait avec la coopération de la BEAC, pour que tout ce qui doit être fait soit réalisé pour que nous puissions fournir les résultats qu’il faut pour le développement de nos pays », annonce le Comité de pilotage (Copil).
Il poursuit qu’il a pris acte des mesures décidées et mises en œuvre par les Etats dans le cadre de la mise en œuvre de cinq piliers du Pref-Cemac. Le Copil encourage les Etats à poursuivre les actions de réforme, les actions de restructurations, les actions d’intégration, tout en mettant un accent particulier sur la diversification des économies. « S’agissant de la rencontre consacrée à la discussion et aux échanges avec les premiers responsables des entreprises qui exploitent les ressources naturelles dans notre région, il a été rappelé aux sociétés les dispositions de la réglementation d’échanges communautaires faisant état de l’obligation du rapatriement systématique des recettes d’exportation et des possibilités offertes pour l’ouverture des comptes en devise dans les banques commerciales au niveau de la sous-région », dit le Copil.
Quoi donc au sujet de la fusion des deux bourses ? « C’est une décision pleine de signification et qui contribue naturellement à renforcer l’intégration de la sous-région. Cette mission a été confiée à la BEAC qui en est très honorée. Et je peux dire aujourd’hui que ça se passe plutôt bien parce que les travaux ont commencé depuis le début de cette année, et nous pensons que d’ici quelques mois, avant la fin de l’année, disons-le comme ça, nous aurons une intégration de toutes les plateformes à savoir le dépôt central, le marché boursier lui-même c’est-à-dire BVMAC et DSX », annonce Dieudonné Evou Mekou, vice-gouverneur de la BEAC.

REACTION
Daniel Ona Ondo, président de la Commission de la CEMAC

M. Le président parmi les recommandations, lors de la dernière session, l’amélioration du cadre des affaires – le cadre juridique- et la diversification des économies des pays membres de la CEMAC. A quel niveau en êtes-vous ?
C’est une question fondamentale. Vous avez, nos économies ont pâti de la chute du pétrole. Lorsque le pétrole baisse, nous allons dans le ravin. Aujourd’hui, nous essayons de faire en sorte que les économies soient diversifiées. Il y a des économies qui ont déjà fait de gros efforts de diversification. Le pays dans lequel nous nous trouvons (le Cameroun Ndlr) est mieux diversifié que d’autres pays. Donc, ces efforts doivent se poursuivre. Au niveau de la Commission, on améliore le cadre des affaires, nous permettons à nos entreprises de pouvoir se créer, on améliore des communications, on fait en sorte que l’intégration soit quelque chose qui soit acceptée par tout le monde, parce que plus on est nombreux, mieux ça vaut. Parce qu’aujourd’hui nous avons des économies de petites dimensions, je pense qu’au niveau de la sous-région nous sommes à 40 millions, vaut mieux qu’on produise pour 40 millions pour avoir des économies d’échelle. Donc, la diversification au centre des préoccupations de nos Etats.
Et en ce qui concerne l’amélioration du cadre juridique, l’attractivité de différentes économies ?
C’est normal, on ne peut pas attirer les investisseurs avec le bâton. Il faut créer un cadre qui soit adapté donc, il faut créer un cadre qui améliore le cadre des affaires. Nous avons déjà au niveau de la CEMAC, nous sommes entrain de voir le problème des PPP (partenariat public privé), qui permettrait de concilier, de ne pas seulement avoir le secteur public, de mieux concilier le public et le privé dans un cadre organisé. Donc c’est une piste qui est là, nous faisons en sorte que les lois ne soient pas des lois qui empêchent aux entreprises de pouvoir s’implanter
Propos recueillis par
Pour comprendre
– La CEMAC compte 6 Etats
– 40 millions de personnes y vivent
– Le Pref-Cemac vise sous peu l’adoption par le Conseil des Ministres de l’UEAC du nouveau Code des Douanes révisé de la CEMAC et de ses textes d’application ainsi que de la Directive communautaire spécifique aux droits d’accises ayant fait déjà l’objet d’une validation au niveau technique

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