CAMAIR-CO

Transport aérien
Après les performances de 2017 présentées en décembre dernier et qui laissaient voir une entreprise en plein décollage, celles présentées à la presse le 18 juillet à Douala prouvent que la vitesse de croisière est progressivement atteinte.
Camair-Co prend de l’altitude
Aloys ONANA
C’est une entreprise qui sort résolument de sa célèbre zone de turbulence qui avait pris place dans son cockpit. A en juger par les dernières données réalisées de janvier à juin 2018. De ces informations, Camair-Co affiche pendant la période sous revue un chiffre d’affaires au 30 juin 2018 de 12,3 milliards FCFA, contre seulement 5,1 milliards FCFA au premier semestre 2017, soit une hausse de 7,2 milliards FCFA en valeur absolue.
Comparativement aux 6 milliards FCFA enregistrés au premier trimestre 2018, il ressort que cette entreprise qui a démarré ses activités le 28 mars 2011 a réussi à doubler son chiffre d’affaires cette année, en très peu de temps, soit trois mois. De janvier à juin, le nombre de passagers transportés est estimé à plus de 150 mille, tout comme Ernest Dikoum, le directeur général de cette entreprise qui compte 568 employés, annonce le transport 740 tonnes de fret. Une large gamme de faits qui ressortent l’impact positif de Camair-Co sur l’économie camerounaise est brandie.
Pourtant, « nous avons les capacités. Mais nous n’avons pas de pilotes », confesse le manager en chef de « l’Etoile du Cameroun. » Un handicap qui est en passe d’être réglé. Car un concours de recrutement de nouveaux pilotes a été lancé. 400 dossiers ont été reçus. Camair-Co en a sélectionné 20. La voie est ouverte même aux non-camerounais, l’objectif principal ici est d’emmener cette entreprise à voler plus haut, à être plus compétitive, à augmenter le nombre d’heures de vol. « Aujourd’hui nous faisons 120 heures de vol par mois, nous devrons faire 180 heures dans le même temps », indique Ernest Dikoum, qui pour l’heure compte quatre pilotes certifiés et six avions.
Ernest Dikoum est le cinquième directeur général de Camair-Co depuis son lancement officiel en 2011. C’est le seul qui, pour l’heure, allie données « satisfaisantes » et perspectives « aguichantes », selon une source interne. Le secret de ces résultats, explique le patron lui-même, repose sur une série d’actions : la suppression des vols internationaux, un maillage du territoire national par l’ouverture de nouvelles destinations intérieures – sept régions sur 10 sont desservies à ce jour- ; puis la reprise progressive des vols internationaux depuis la fin de l’année 2017, en se limitant à certaines destinations africaines – sept actuellement – une stratégie qui porte des fruits. Car, pour des vols intérieurs, « il arrive que des places viennent à manquer », se réjouit Ernest Dikoum.
C’est la preuve que les taux de remplissage se sont améliorés entretemps. Ceux des vols domestiques affichent 68 % en janvier et 54 % en juin. Le remplissage régional totalise 33 % en janvier et 26 % en juin. Un aspect sur lequel travaille Camair-Co, c’est la ponctualité. En janvier, cette entreprise affiche 67% et juin, 44 %. La régularité n’est pas oubliée, elle aussi en constante amélioration : 54 % en janvier et 77 % en juin 2018.

Défi
Il s’agit de déployer des stratégies qui vont permettre à Camair-Co de se démarquer encore plus.
Une entreprise aux mille défis
A.O
Dans une entreprise, quoi de plus capital que d’avoir des employés bien formés, ce qui les rend plus rentables. Pour cela, « Camair-Co est entrain de s’engager dans la formation de ses employés, je réfléchis à définir un bon profil pour certains. A l’époque les employés n’avaient pas un système d’évaluation des performances. Nous avons déjà construit deux salles de formation qui sont dans les normes. Nos employés devront également apprendre la culture d’entreprise », explique Ernest Dikoum.
Pour lui, il faut emmener tout son personnel à s’impliquer en profondeur à la réussite de cette boite qui, jusqu’en 2016 par exemple, avait un lourd endettement de 35 milliards de FCFA. « A ceux qui sont mariés, je leur ai dit, prévenez à vos conjoints que je pourrai appeler même à minuit », lâche ce manager qui dit quitter le bureau au-delà de 21h, tout comme certains de ses employés. Résultats ? « Lorsqu’on dit que nous avons fait un chiffre positif, cela ne veut pas dire qu’on fait du profit, on parle des recettes et charges d’exploitation. A jour nous sommes à 250 millions de négatif en moyenne par mois. C’est très important car c’est ce qui nous permet de ne pas vivre aux dépend de l’Etat. » « En 2016/ 2017, on était à 1,8 milliards de déficit tous les mois. On fait beaucoup plus de revenus aujourd’hui », souligne Ernest Dikoum.
Pour l’heure, Camair-Co reste focus sur ses défis stratégiques. Beaucoup sont en cours, d’autres, dans le pipe : audit et gestion de la dette, business reingeneering, arrimage à la loi du 12 juillet 2017 portant statut général des entreprises publiques, passage à la zone zéro, développement du capital humain, mise à niveau des équipements, etc.
Pour comprendre
Camair-Co compte
• 568 emplois directs
• 740 tonnes de fret transportées de janvier à juin 2018
• 400 mille dollar par mois pour la maintenance des avions
• Plus de 3600 emplois indirects
• Plus de 2 380 personnes sont sous assurance socio-médical
• Plus de 300 sous-traitants locaux

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *