1000 emplois en péril chez Nextell


Situation de crise:

En cause, les méthodes managériales du  président du conseil d’administration (PCA) Baba Ahamadou Danpoullo. La partie vietnamienne interpelle le chef de l’Etat. 

1000 emplois en péril chez Nextell

PAR Aloys ONANA

L’investissement de Nexttel Cameroun a nécessité d’importantes sommes d’argent. Soit la rondelette somme de 210 milliards de FCFA, sans compter une bonne tranche d’autres investissements onéreux. Et pour mieux prendre pied au Cameroun –question de nationaliser en partie cette entreprise de télécom – les vietnamiens dès leur arrivée ne font pas dans la dentelle. Leur collaborateur local n’est pas n’importe qui. A lui tout seul, il pèse, selon le magazine américain Forbes, 520 milliards de FCFA. De quoi conforter encore les vietnamiens. Ce d’autant plus le plus riche du Cameroun est alors présenté aux Vietnamiens comme un homme «sérieux et introduit. » Les clauses sont établies. Ce patron camerounais à la tête de nombreuses entreprises au Cameroun, en Afrique du Sud et bientôt au Benin prend donc 30 % de Viettel, il est président du conseil d’administration. La partie vietnamienne garde 70 % du business.

Nextell choisit d’investir certes dans les grandes villes, mais davantage dans les zones reculées. Le business n’est pas mauvais. « Monsieur Danpullo a attendu que tous ces investissements techniques lourds aient été faits par la coactionnaire de son véhicule juridique ait commencé diverses manœuvres dans l’objectif clair d’éjecter l’État Vietnamien de la société et d’accaparer tous ses investissements par la force, ceci avec l’assistance de certains acteurs de la justice, des autorités de police, de quelques autorités de certaines autres administrations camerounaises, et même d’un cabinet fiscal de la place », constate la partie vietnamienne.

Le plus riche du Cameroun veut avoir un regard sur tout ce qu’il y a comme fonds chez Nextell. Selon les membres du directoire, le fondateur de la chaine de télévision DBS impose la double signature. Un os que les vietnamiens avalent au forceps car Danpullo a usé des méthodes peu orthodoxes. « Lors d’une réunion à l’Immeuble Etoile courant année 2014, puis par une correspondance du 23 octobre 2014 (…) de la prétendue légalité du régime de double signature comme suit : « Selon les normes camerounaises, toute entreprise commune doit appliquer des doubles signatures afin de garantir la transparence et la bonne gouvernance. Nous vous demandons donc d’appliquer le principe de la double signature afin de gagner la confiance et le soutien administratif dont Viettel Cameroun a besoin pour être une entreprise rentable. »

L’affaire passe. L’influence de Danpullo est tel qu’à présent, les vietnamiens ont la forte conviction que leur entreprise est entrain de leur échapper au profit de Baba Ahmadou Danpullo. « Non seulement l’on ne comprend pas ce que l’administration a à faire dans la gestion d’une société commerciale privée, mais en plus il est bien curieux que des fonctionnaires de l’Administration camerounaise aient fait croire que la double signature est un principe normatif e la gestion des sociétés commerciales au Cameroun, alors même que non seulement aucun texte de loi camerounais ne le prévoit, mais en plus un tel texte de loi serait contraire aux dispositions supranationales de l’OHADA », s’agacent les vietnamiens qui rappellent que leur entreprise emploie plus de 1000 camerounais, qui seront dans la rue si n’est  fait.

Sollicitations  

Les vietnamiens souhaitent que le chef de l’Etat leur vienne en aide. Cela pourrait également éviter une crise diplomatique entre le Cameroun et le Vietnam.

Affaire Nextell, le président de la République interpellé

PAR A.O

Les yeux des vietnamiens sont désormais rivés vers le palais présidentiel. L’intervention du président Paul Biya est attendue comme recours salvateur. Un courrier lui a été adressé. « Il se trouve que notre investissement rencontre des difficultés avec notre partenaire local utilisant les services de l’Etat qui s’apprêtent fort heureusement à contourner les règles normales de gestion d’entreprises dans le seul but de faire main basse sur notre investissement », écrivent les vietnamien au chef de l’Etat.

La force de frappe de Danpullo est connue. Ses partenaires savent à présent qu’il leur reste une porte, la seule selon eux de les aider à sortir du pétrain afin qu’ils se sentent encore possesseurs de leur business. Danpullo hausse les enchères, au point de s’appuyer sur la corruption. « Notre groupe a été surpris de recevoir par voie diplomatique des ambassades du Nigeria et de Chine une demande de paiement  de quatre douze milliards huit cent millions formulée par le président du conseil d’administration  qui prétend réclamer le remboursement  d’un montant qu’il aurait déboursé  à titre de corruption pour influencer le processus d’attribution de la licence de 2G et 3G à Nextell », écrivent les vietnamien au président de la République dans une lettre en date du 10 septembre 2018.

« Notre investissement est menacé par l’attitude belliqueuse de notre co associé national qui crie à qui veut l’entendre qu’il dispose  des ramifications qui le rendent intouchable. Pour rappel,  en date du 11 septembre 2015, les employés vietnamiens ont été rapatriés du Cameroun. »  En cause, leur dossier de séjour n’ont jamais abouti. Cette fois, se convainquent-ils, le chef de l’Etat les aidera à rester au contrôle de leur business.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *